Petit abécédaire de la sorcellerie

Vous aimez les histoires de sorcières ? Chaque semaine, les AAEB vous envoient un petit billet sur ce thème !

Avertissement
Par commodité de style, on utilise le terme de « sorcière » dans les textes ci-dessous, au lieu de « femme soupçonnée de sorcellerie » ou « victime de la chasse aux sorcières », qui seraient évidemment plus justes puisque les sorcières n’ont jamais existé que dans la tête de leurs bourreaux. Pour le même motif, nous utilisons l’indicatif présent et les tournures actives simples (« les sorcières vont au sabbat »…), mais les lecteurs et lectrices comprendront évidemment que toutes ces affirmations n’ont aucune réalité factuelle et ne font que reprendre les croyances de l’époque.

L’astérisque * précédant un mot signifie que ce terme figure dans l’abécédaire.

Aiguille (du bourreau)

Il s’agit d’un accessoire indispensable à un interrogatoire sérieux des accusées. En effet, pour trouver la *marque satanique que toute sorcière porte sur son corps, le bourreau plante discrètement une aiguille sur les taches de naissance ou les grains de beauté de la malheureuse. Cette dernière ne sent rien et ne crie pas de douleur ? C’est donc que le *bourreau a trouvé la marque satanique ! Et c’est une *preuve de plus de sa culpabilité…

Aiguille (de la sorcière)

Les sorcières n’utilisent que fort rarement les aiguilles pour leurs maléfices. Toutefois, certaines confessent y avoir recours pour des charmes ou *pratiques magiques plus ou moins louches. Selon Marguerite Cheval, une Pruntrutaine brûlée en 1589 , le fait de porter sur soi une aiguille auparavant plantée dans le suaire d’un enfant mort évite aux femmes d’être battues par leur mari.

Animaux

Les sorcières, c’est bien connu, ont leurs animaux de prédilection : on les représente fréquemment avec un hibou sur l’épaule, un crapaud dans la poche ou un chat noir à leurs pieds. Dans nos procès toutefois, leurs animaux favoris sont assez différents. Si le *chat leur est familier, la chouette et le hibou manquent totalement dans nos dossiers, et nous ne connaissons qu’une attestation de *crapaud ou de *corbeau. Plus inattendu, les sorcières se servent parfois de *mouches ou de *puces pour tourmenter leurs victimes supposées. Enfin, elles sont soupçonnées de se transformer en *loup ou en *chien, mais aussi parfois… en *lièvre !

Damnation

Les sorcières sont-elles condamnées à la damnation éternelle ? Elles n’ont évidemment aucune chance d’échapper aux flammes de l’enfer si elles meurent sans repentance après avoir renié Dieu et commis des crimes. En revanche, elles peuvent éviter la damnation si elles avouent leurs méfaits, dénoncé leurs *complices, présentent un repentir sincère et se réconcilient avec Dieu et l’Église. Cela explique qu’après leurs aveux, les sorcières soient entourées par des ecclésiastiques (*prêtres ou *pasteurs), afin de les assister spirituellement et leur montrer la voie du salut. Mais cela ne les dispense nullement de leur punition terrestre : la justice des hommes les condamne donc au *bûcher. Puis Dieu seul décidera si elles iront au paradis ou en enfer…

Femme

La *chasse aux sorcières n’a que fait très peu de victimes masculines. Dans l’ancien Évêché de Bâle en particulier, les *hommes ne représentent pas même 5% des condamnés. Pourquoi cet acharnement contre les femmes ? La question est très débattue et les hypothèses multiples.